Coupes d’Europe féminines : vers une première victoire française en Ligue des Champions ?

Si la PRO A féminine s’impose, au fil des années, comme l’un des championnats les plus compétitifs d’Europe en attirant les meilleures joueuses du continent, les clubs français éprouvent encore des difficultés au moment de franchir l’ultime étape : remporter la Ligue des Champions. Étival-Clairefontaine et Metz s’y sont essayés lors des deux dernières finales, en vain. En 2026, Metz, Saint-Quentin, Étival-Clairefontaine et Saint-Denis figurent parmi les huit dernières équipes engagées. C’est une occasion historique : quatre chances pour ces clubs de devenir le premier lauréat français de la plus prestigieuse compétition européenne par équipes.

Avec quatre représentants en quarts de finale, dont trois dans la même partie de tableau, la France n’a peut-être jamais été aussi proche de décrocher ce titre qui lui échappe depuis la création de la compétition en 1964. À l’instar de l’exercice masculin, dominé par Sarrebruck et Düsseldorf depuis le début de la décennie, le tableau féminin est verrouillé par deux ogres continentaux qui se partagent presque tous les titres depuis près de dix ans : Berlin, champion sortant, fièrement représenté par Nina Mittelham et Shan Xiaona, et Tarnobrzeg, club polonais titré à quatre reprises lors des six dernières années. Deux obstacles de taille que les clubs tricolores auront à cœur de renverser en 2026.


@MetzTT/@Loic Huard

Champion de France en titre et finaliste malheureux l’an dernier, Metz s’avance à nouveau comme un prétendant sérieux au sacre final. Le recrutement de la nouvelle pépite du ping mondial, Hana Goda, confirme cette ambition. Pour Loïc Belguise, coach et directeur sportif du club, elle sera une pièce essentielle au sein d’une équipe désormais habituée des grands rendez-vous :
« Hana s’est très facilement intégrée à l’équipe, au sein de laquelle règne un excellent état d’esprit. Au-delà de son niveau sportif, elle représente sans aucun doute l’un des plus grands espoirs du tennis de table mondial hors Asie ; l’accueillir dans notre structure est une réelle chance. Elle possède une énergie impressionnante, rendant son encadrement très agréable. On a vraiment envie de s’investir à ses côtés ».
Si l’équipe semble aujourd’hui plus forte que jamais, encore invaincue en Ligue des Champions et leader du championnat domestique, prudence reste le maître-mot, Berlin et Tarnobrzeg demeurent les favoris selon le coach messin :
« Pour être tout à fait franc et transparent, il est essentiel de remettre les choses dans leur contexte. Aujourd’hui, face à des géants comme Berlin ou Tarnobrzeg, dotés de surfaces financières bien plus importantes, atteindre deux finales en trois ans constitue pour nous un véritable exploit. Je souhaite que chacun en prenne pleinement conscience. Le titre sera difficile à décrocher, même si nous travaillons d’arrache-pied pour y parvenir dans les années à venir, tout en restant fidèles à notre identité et en nous appuyant sur de jeunes talents comme Charlotte Lutz et Hana Goda ».

Avant de penser à un potentiel sacre, il faudra d’abord se qualifier pour le Final Four et son édition inaugurale, les 23 et 24 mai 2026. En quarts de finale, Metz retrouvera une équipe qu’elle connaît très bien : Saint-Denis, pour un remake de la finale de PRO A disputée quelques mois en amont. Les Dionysiennes, portées par Prithika Pavade et leur recrue chinoise Fan Siqi, se sont qualifiées de justesse lors de l’ultime match de poule face à Linz. Déjà titré en Europe Cup en 2021, Saint-Denis tentera de se frayer un chemin vers le seul trophée manquant à son palmarès.


@Loic Huard / @ETTU

Dans la même partie de tableau, Saint-Quentin défiera le club espagnol de Carthagène et pourrait donc retrouver l’un des deux clubs français cités précédemment au Final Four. En cas de succès, la France placerait l’un de ses représentants en finale pour la quatrième année consécutive, une situation inédite dans l’histoire du tennis de table français.
Étival-Clairefontaine aura, de son côté, la délicate mission d’affronter Tarnobrzeg, invaincu à ce stade de la compétition depuis 2021. La formation vosgienne, menée par son trio historique Shao Jieni, Christina Kallberg et Liu Yangzi, devra créer l’exploit face à l’expérience des cadres du club polonais que sont Yu Fu (47 ans), Yang Xiaoxin (38 ans) et Han Yin (42 ans).


@Grégory Portelette / @Etival ASRTT

En revanche, l’aventure s’arrête en Europe Cup pour Lys-Lille, éliminé aux portes des quarts de finale malgré un bilan honorable de trois victoires en quatre rencontres lors de la seconde phase de poules.

L’année 2026 annonce peut-être un tournant historique pour le tennis de table hexagonal et son statut sur l’échiquier continental du tennis de table féminin. Avec cette densité de clubs français à ce niveau de la compétition, combinée à l’émergence de talents mondiaux dans ses rangs, tous les voyants semblent au vert pour briser l’hégémonie incarnée par Berlin et Tarnobrzeg. Rendez-vous du 11 au 13 février prochain, pour la première des deux manches qualificatives avant une potentielle projection vers le final Four.

par Rémy LARQUETOUX