
Le 31 janvier 2026, le Conseil fédéral de la FFTT a adopté une réforme du championnat de France Pro A messieurs de tennis de table. Cette décision, structurante pour l’avenir de notre discipline, intervient dans un contexte que nous savons sensible : une majorité de clubs a exprimé ses réserves, voire son opposition, à ce projet. La Fédération entend aujourd’hui expliquer simplement les raisons de cette réforme, ses objectifs et la vision stratégique qui la sous-tend, dans un esprit de respect et de dialogue.
Un constat partagé : le tennis de table change, son environnement aussi
Le tennis de table évolue dans un écosystème sportif profondément transformé. La manière de consommer le sport a changé : plus de spectacle, des formats plus lisibles et plus courts, des temps forts identifiés, une expérience spectateur enrichie, sur site comme à l’écran. Tous les acteurs internationaux de notre discipline – WTT, ITTF, ETTU – ont fait évoluer leurs compétitions ces dernières années. Ces changements ont souvent suscité des critiques, parfois légitimes, mais une chose est certaine : l’immobilisme serait aujourd’hui un risque majeur.

@Tony Boutin
Un championnat Pro A à bout de souffle dans sa forme actuelle
La réforme part d’un diagnostic lucide sur le fonctionnement actuel de la Pro A messieurs. Malgré l’engagement des clubs, des dirigeants, des bénévoles et la qualité des joueurs alignés, le championnat peine à créer de la valeur à l’échelle nationale :
- sa lisibilité est limitée, en raison de nombreux reports de matchs ;
- ses rencontres sont parfois disputées sans les meilleurs joueurs, ce qui nuit à l’intérêt sportif et médiatique ainsi qu’à l’équité ;
- ses salles ne sont pas toujours pleines, en dehors de quelques affiches phares ;
- sa durée est très longue, avec peu de temps forts clairement identifiés ;
- son attractivité est faible pour les médias nationaux et les partenaires privés à rayonnement national.
Dans le même temps des événements comme les Championnats de France individuels ou même la dernière finale de Pro A messieurs démontrent qu’il existe, en France, un réel appétit pour des formats lisibles, concentrés et spectaculaires.
Un calendrier devenu incompatible avec les réalités internationales
Le développement spectaculaire du circuit WTT depuis 2021, auquel aspirent légitimement les meilleurs joueurs français, a profondément bouleversé les équilibres. Aujourd’hui, championnat national, compétitions européennes, WTT, Équipe de France et événements fédéraux se superposent dans un calendrier devenu « démentiel ».
Cette situation engendre des difficultés administratives croissantes, une pression forte sur la santé physique et mentale des joueurs, une réduction drastique du temps d’entraînement et, in fine, des équipes parfois contraintes d’évoluer incomplètes.
Protéger l’Équipe de France et permettre à nos meilleurs joueurs de performer sur la scène internationale est un enjeu stratégique majeur. Ce sont eux qui portent l’image du tennis de table français, génèrent de la notoriété et entraînent l’ensemble de notre discipline dans leur sillage.

Un nouveau format plus condensé pour la Pro A messieurs en 2027
A partir de la saison 2027-2028, le nombre de clubs en Pro A messieurs passera de 10 à 12. Lors de la phase régulière, il y aura une seule confrontation par adversaire, soit onze rencontres par équipe, au lieu des dix-huit matches joués en aller-retour actuellement. La saison se poursuivra ensuite par des play-offs en matchs aller-retour, qui débuteront par des quarts de finale joués par les équipes classées de 2 à 7, puis des demi-finales auxquels le premier de la saison régulière sera directement qualifié, avant de se conclure par d’une grande finale disputée sur un match décisif. La nouveauté est également l’apparition de play-downs, disputés en matchs aller-retour par les équipes classées de 8 à 11, le dernier de la saison régulière étant directement relégué en Pro B, qu’il rejoindra avec le perdant des play-downs.
Ce nouveau format, plus concis, intense et lisible, a été approuvé par 14 membres sur 22 lors du Conseil Fédéral du 31 janvier 2026. Les textes réglementaires afférents à cette réforme seront soumis au vote du Conseil Fédéral des 20 et 21 mars 2026.

@NomadicProd
Une réforme pensée comme un compromis, pas comme une rupture
La réforme votée n’est ni brutale ni improvisée. Elle est le fruit d’une réflexion engagée de longue date et d’un réel processus de concertation.
Des travaux préparatoires ont été menés entre le mois de d’août et le mois de décembre 2025, à travers la création d’un groupe de travail et via des entretiens personnalisés avec l’intégralité des clubs de Pro A. Le projet finalisé a ensuite été présenté aux clubs dès le 11 décembre 2025, soit plus de 18 mois avant sa mise en application, laissant aux clubs le temps de s’adapter à ce nouveau format plus moderne et plus en phase avec son temps.
Le format proposé se veut un compromis entre les enjeux économiques et sportifs des clubs (nombre de matchs à domicile, visibilité locale, stabilité) et les responsabilités de la Fédération : sanctuarisation de l’Équipe de France, gestion cohérente du calendrier et valorisation des compétitions nationales et événements fédéraux auprès des diffuseurs et des sponsors.
Une vision stratégique pour l’avenir du ping français
La FFTT est convaincue que cette réforme doit permettre :
- de redonner de la lisibilité et de l’attractivité au championnat de France Pro A ;
- de créer de véritables temps forts identifiables pour le public et les médias ;
- de mieux valoriser les joueurs, les clubs et l’image du tennis de table français ;
- d’ouvrir de l’espace dans le calendrier pour développer de nouveaux événements en France, y compris internationaux.

@Pongistic
Continuer à dialoguer, ensemble
La Fédération entend pleinement les inquiétudes exprimées par les clubs, notamment sur les modèles économiques, la mobilisation des bénévoles ou l’ancrage territorial. Ces préoccupations sont légitimes. La réforme ne prétend pas tout résoudre immédiatement, mais elle s’inscrit dans une trajectoire de transformation nécessaire.
Le dialogue avec les clubs se poursuivra dans les mois à venir pour accompagner cette évolution, ajuster ce qui devra l’être et construire, collectivement, un championnat plus fort, plus visible et plus durable.
Comme le souligne Gilles Erb, président de la FFTT :
« Les difficultés récentes ont montré que les enjeux des clubs et ceux de la Fédération ne sont pas toujours parfaitement alignés. Je reste à leur écoute pour construire ensemble l’avenir du tennis de table. Notre responsabilité est de construire une vision globale au service de l’intérêt général du tennis de table français. A partir de 2027, nous nous adapterons ensemble en faisant moins, mais mieux, pour des émotions décuplées. »
