
Il y a dix ans, Pontoise-Cergy remportait, pour la deuxième fois de son histoire, la Ligue des Champions, le Graal, la compétition européenne par équipes de référence. Depuis, les clubs français subissent la loi imposée par les ogres allemands, victorieux de six des sept dernières éditions. Seul lot de consolation ? L’Europe Cup, remportée à quatre reprises depuis 2017 par La Romagne, Hennebont (2) et Pontoise-Cergy. En 2026, Hennebont, Nîmes-Montpellier (Ligue des Champions) et Lille (Europe Cup) tenteront d’apporter à la France un premier doublé historique… mais le chemin reste encore long et particulièrement escarpé.
Dix longues années de disette en Champions League donc, la faute à deux mastodontes du tennis de table européen. Düsseldorf en premier lieu, institution la plus titrée de l’histoire de la compétition, longtemps emmenée par le légendaire Timo Boll, et plus récemment Sarrebruck, porté par Patrick Franziska, Darko Jorgic et Truls Moregardh. Deux armadas impitoyables avec nos clubs tricolores, au rendez-vous des cinq dernières finales de la compétition, aucune miette n’a été laissée en route.

@ETTU
Bousculer cet ordre établi, telle est la mission des représentants français cette année. Difficulté supplémentaire ? L’arrivée du champion olympique en titre Fan Zhendong à Sarrebruck, comme s’ils n’étaient déjà pas assez forts. Titrée lors des trois dernières éditions, l’équipe sarroise semble désormais presque imbattable, Hennebont l’a appris à ses dépends lors du quart de finale aller joué en Bretagne à la mi-janvier. Un duel exaltant entre Simon Gauzy et Fan Zhendong (2-3), une belle bataille entre Truls Moregardh et Vladimir Sidorenko (3-1) mais une défaite sèche (3-0) en fin de compte, la qualification pour le dernier carré semble désormais compromise.

@HENNEBONT GV
Dans l’autre partie du tableau, l’Alliance Nîmes-Montpellier semble bien partie pour s’immiscer dans l’explication finale que nous attendons tous. Après une phase de poule outrageusement dominée et un 1/8e de finale aisément remporté face aux Autrichiens de Neustadt, l’ANMTT a disposé du club polonais de Dzialdowo lors de la première manche du quart de finale disputé la semaine dernière (3-1).
Battue au même stade l’année dernière par Düsseldorf, l’ANMTT pourrait donc rejoindre le dernier carré de la compétition pour la première fois de son histoire. Le club occitan veut grandir et fait de cette compétition son objectif prioritaire cette année, comme nous le précise Vincent Avril, coach de l’équipe :
« La Ligue des Champions est l’objectif principal du club cette saison. Se qualifier au Final Four est une étape, disputer une finale, voire la remporter, serait le Graal. Le calendrier de Félix et Alexis est organisé autour de cet objectif cette année, nous voulons mettre toutes les chances de notre côté pour tenter d’aller décrocher cette finale ».
Si les ambitions de l’ANMTT semblent à la hauteur du talent dont dispose l’équipe, celle-ci demeure encore novice dans la compétition et ne doit pas griller les étapes. L’échec vécu contre Düsseldorf l’année passée aurait pu pousser le club à renforcer son effectif par l’ajout d’une recrue, mais le choix de la continuité a été privilégié :
« Nous sommes encore dans une phase de construction car l’équipe demeure très jeune. Une certaine alchimie s’est créée au fil du temps ces dernières années et j’estime qu’elle est en grande partie responsable de notre belle progression depuis 3-4 ans. Nous avons gagné notre premier titre l’année dernière en PRO A, nous engrangeons un peu plus d’expérience à chaque rencontre, le temps ne presse pas ».
Sûre de ses forces mais consciente du chemin restant à parcourir pour devenir une référence continentale, l’ANMTT pourrait retrouver Düsseldorf en demi-finale, animée par la soif de revanche. Autour de Félix et Alexis Lebrun, le club possède une base solide sur laquelle construire pour performer aussi bien dès 2026 que dans le futur et ainsi ajouter au palmarès de la Ligue des Champions le nom d’un club tricolore, comme Pontoise-Cergy (2014 ; 2016) et Caen (1998) l’ont fait avant eux.

@guillaume.marie_mgsp
Dans le sillage d’Hennebont et Nîmes-Montpellier, deux autres représentants du championnat français masculin sont engagés dans une course vers une potentielle finale : Lille et Pontoise-Cergy. Reversés de Ligue des Champions après une élimination en phase de poule, tous les deux se sont qualifiés pour les 1/4 de finale de la compétition et ne pourront pas se jouer avant la finale.
Pour y parvenir, Pontoise-Cergy et sa jeune garde composée d’Alexandre Cassin, Thomas Laroche et Flavio Mourier, entre autres, devront se défaire des Danois de Roskilde, emmenés par Jens Lundqvist, bien connu des équipes françaises pour avoir longtemps évolué à Angers.
Le Lille-Métropole TT s’en ira défier le club slovène de Vyhne pour lui aussi tenter de rejoindre le dernier carré. Avec un Romain Brard en forme ces derniers temps, tous les rêves sont permis pour les Nordistes.

@LMTT / @Tony Boutin
Quatre clubs français figurent encore parmi les seize derniers rescapés des deux coupes continentales majeures. Tous ont de réelles chances d’atteindre le dernier carré, voire mieux. Si la mission s’annonce délicate, en particulier pour Hennebont, l’espoir reste entier : un doublé tricolore est envisageable cette saison. C’est, du moins, tout le mal qu’on leur souhaite.
Par Rémy LARQUETOUX